Pouce c'était bien.

On disait Pouce, et, on s'endormait. Pendant des jours, des nuits, les yeux fermés, ouverts, endormi. Le temps n'est pas passé, il a prit un autre chemin. Un détour. Il est allé ailleurs pour laisser jouer ceux qui rêvent.

On disait Pouce en rigolant. Et on pleurait après. Et on dormait. On était fatigué, si fatigué. La machine à laver nous avait décoloré. L'on n'était plus que gris. Plus noir ni blanc, gris. Et les cris ne semblaient pas réels. 

Pouce c'est un souffle. Un rire dans l'oreille. Un sourire dans la main. Après un temps, silence. Tant de silence. Qu'on a tout oublié.

Puis vint le temps ou Pouce a oublié de faire Pouce.

On s'est réveillé. Tout doucement. Encore persuadé de rêver. Pas envie de le quitter, ce rêve. Lui qui était si doux. Lui qui nous chuchotait si bien. Tout va bien, tout va bien. Maintenant il ne dit plus rien. Mais tout va bien, tout va bien, résonne. Un écho, partout dans le monde. Un écho qui ne s'arrête pas. Et c'est drôle. Alors on rigole. 

On rigole et on comprend. Un peu. Pas totalement. Le coeur bat un peu plus fort, bon. Jamais capable de se taire celui là. C'est pas grave, pas grave. Coupable de bavardage, c'est bien.

C'est tellement bien, que tout va à l'envers.

La machine à laver avait mis du gris. Elle le reprend. La porte effrayante, on l'ouvre. Peu importe ce qu'il y a derrière, on l'ouvre. Il n'y a rien. Il y a tout. On sourit, et on pleure. Tout va bien, tout va bien, on répète. Tout va bien, c'est étrange ça. Cette fois on chante. D'une voix cassée. D'une voix pas jolie. Mais le coeur bat en rythme. Ça donne un son cabossé. C'est bien aussi. Un son étrange, un son nouveau.

 

Tout est pareil, et tout est différent.

Tout est ancien, tout est nouveau.

 

Tout, c'est le prochain mot. Il remplace Pouce. Pouce dormait. Tout danse.

On ne sait pas ce qu'on fête, mais on le fête quand même.